Dépolluer son intérieur, consommer durable, mais pas seulement.

Dernière mise à jour : mai 11


Une chose nous relie tous depuis l’apparition de la COVID-19 : l’envie d’un autre demain. On a appris ces derniers mois à se réapproprier nos maisons, notre intérieur, notre consommation, notre vie. Qui ne s’est pas récemment dit : comment peut-on faire mieux ? Camille Crépin n’a pas attendu cette « révélation » pour fonder Skøg.

Avant je résumais simplement Skøg à un IKEA écorespectueux, mais c’est — heureusement — bien plus que ça. Candidat à la Fabrique Aviva, Camille a besoin de notre soutien, mais pour ça, je vous raconte l’histoire.

Tout commence avec un homme : Camille Crépin. Amoureux du bois depuis son adolescence, il n’a eu de cesse de travailler cette matière. D’abord Compagnons du Devoir en tant que menuisier/charpentier, créateur, dans un bureau d’études, formateur… de près ou d’un peu plus loin, ce Wood addict façonne le bois encore et encore.

Et puis, un déménagement ; un déménagement qui le fera réfléchir à la composition des meubles de la grande distribution, aux matériaux utilisés, à leur durée de vie, mais aussi à leur impact sur notre santé. Camille s’est alors posé une question évidente :

Comment pérenniser le mobilier que l’on achète, comment respecter nos forêts, et prendre soin de son environnement?

Le temps où l’on conservait le même logement tout au long de sa vie semble révolu puisqu’un Français déménagera 4,6 fois en moyenne durant son existence, cela sans compter les appartements étudiants. Avec le déménagement vient souvent le sujet des meubles, les leaders du marché ont réussi à proposer des produits pratiques, simples, économiques et tendances. Au fil des années, l’ameublement s’est hissé au même rang que la décoration, et bien que plus pérenne qu’un vase, une armoire ou une étagère est facilement sacrifiée lors de nos déménagements. Mais est-ce un choix conscient ? L’armoire ne finit-elle pas sur le trottoir parce qu’elle n’a pas supporté le démontage ou le transport ?


Ne changeons-nous pas souvent de meubles, car tous nos intérieurs se ressemblent et qu’on se lasse un peu plus vite ? Avons-nous vraiment pris la peine de réfléchir à la composition des meubles qui nous entourent alors que nous scannons tous nos aliments sur Yuka ?

Cela ne vous étonnera probablement pas, mais je vous le dis quand même, Ikea et les autres grandes enseignes, ce n’est pas une option responsable. Quels problèmes environnementaux posent ces produits ? D’abord, le choix du bois, un mobilier réalisé à partir de panneaux d’aggloméré, friable, fragile, il y a une vraie difficulté de pérennité. Même si vous l’aimez de tout votre cœur, votre PAX vous lâchera potentiellement dans 8 à 10 ans. Mais après, que devient-elle ? Ces meubles apparaissent complexes à valoriser, laborieux à transmettre, revendre, et voire impossible à recycler. Votre armoire sera alors incinérée ou enfouie. En dehors du bois, les pièces d’assemblage, les colles, les vernis, compliquent le recyclage et surtout, polluent notre intérieur.



Mais par conséquent, quelles alternatives, quels enjeux, quelles solutions ? En 2019, au début, Skøg c’est choisir de réaliser son propre meuble en DIY (Do It Yourself). Vous recevez un kit prêt à l’emploi, en bois responsable, et vous construisez de vos mains cette lampe qui vous plaît tant. Vous pouvez la peindre et passer du bois brut aux couleurs de votre intérieur. Inconsciemment, vous donnez ainsi une grande valeur à cet objet : une valeur sentimentale, une valeur d’unité, une originalité, il y en a aura pas deux comme celle-là, c’est votre lampe. Et parce qu’elle est conçue pour durer, elle vous suivra de déménagement en déménagement.

Depuis, Skøg a parcouru du chemin, c’est maintenant 2 studios de design qui accompagnent Camille et qui réfléchissent au mobilier de demain autour de l’écoconception, le cycle de vie et l’impact carbone d’un meuble.




La première phase de travail consiste dans le sourcing de matériaux à fort potentiel

environnemental. C’est un questionnement sur les circuits des matériaux, mais également sur leur cycle de vie. Néo-matériau, biosourcé, sain, recyclé, upcyclé ou juste produit localement ou en Europe, faire le choix d’un art, d’un savoir-faire, d’une origine contrôlée.

La seconde phase est quant à elle dédiée au design et à la multifonctionnalité du mobilier : un bloc buffet peut aussi être un meuble bas ou un meuble haut, une table peut se transformer en bureau, ou encore un bureau peut devenir un morceau d’un plateau de bureau de coworking… Concevoir, ajuster, adapter, jouer, le DIY prend une autre dimension.